Commentaire du film de Pedro Almodovar : Julieta, 2016 à l’APPQ, 24 novembre 2017

Julieta
Réflexions à partir du film Julieta

Louise Grenier

Résumé du film

Julieta (2016) est inspiré de trois nouvelles – Hasard, Bientôt, Silence – de la romancière canadienne, Alice Munro[1]. Pedro Almodovar les a réinventées en les situant en Espagne et en les fusionnant en une seule intrigue. Au tout début du film, Julieta est dans ses boîtes, sur le point de quitter Madrid pour Lisbonne avec un nouveau compagnon de vie, Lorenzo. Dans la scène suivante, le hasard fait tout basculer. Marchant dans la rue, elle est reconnue par une ancienne amie de sa fille qui raconte être tombée sur cette dernière dans une petite ville d’Italie. Or, Antia a disparu sans un mot d’explication depuis 12 ans, à la suite du décès de son père et d’une rupture dont on saura peu. Julieta qui n’avait survécu qu’à condition de faire comme si sa fille n’avait jamais existé est brutalement ramenée à sa douleur et à son attente. Le choc de cette rencontre fait resurgir du passé des images en abîme et surtout un lien mère/fille en miroir, ravageur et empreint de culpabilité. Julieta rompt avec son amoureux, revient à son ancien appartement et se met à écrire. Dans son récit, les femmes apparaissent blessées, handicapées ou oublieuses de soi, les hommes, fragiles à cause de leur sexualité et en danger de désespoir. À la fin, Lorenzo, cet homme aimant, quasi maternel, sauve la mise. N’empêche, impossible de prévoir une issue heureuse quand l’existence n’est que recommencement tragique. En somme, dans ce film qui se prête à une lecture psychanalytique très riche, les personnages « agissent » leurs pulsions et sont pris dans un mouvement répétitif où la parole ne cesse d’être différée ou empêchée.

On peut voir ce film en français avec le lien suivant : https://1drv.ms/v/s!AlbyKkfsOa7PhFMQKAjEe7aXu1Rf

RIEN SUR MA FILLE ?

Une « ombre à peine capable de revivre » (Freud)[2] : voilà comment Freud désigne le lien à la mère et ses affres dans l’histoire des filles, ce qu’il appelle le préœdipien : une ombre qui se heurte à un refoulement inexorable et qui ne cesse de hanter la psyché féminine. Dans le film Julieta, le maternel est une mémoire liquide où errent des naufragés et des signifiants arrachés au silence de Pontos.[3]

Freud écrit : « La pénétration dans la période préœdipienne de la petite fille nous surprend comme, dans un autre domaine, la découverte de la civilisation minoé-mycénienne[4] derrière celle des Grecs[5]. » Et si le père, en tant qu’objet d’amour hérite bien de la relation à la mère, il en est ainsi pour tous les autres amours, ajoutera-t-il plus loin. Cet héritage, ou cette perpétuation, d’un lien tissé à même la chair d’êtres qui tardent à se différencier est-il la cause du sentiment de culpabilité inconscient qui traverse la relation mère/fille ou sa conséquence ? Et pourquoi le couple Julieta/Antia en reste-t-il captif ?

Lacan nomme « ravage » cette liaison immuable d’une femme à sa mère. Mère fantasmée comme puissance absolue dans sa double face créatrice ou destructrice et qui laisse une empreinte psychique douloureuse. Que se passe-t-il quand l’amour vire à la haine, quand l’image idéale de la mère disparaît et/ou se transforme en « monstre » ? C’est ce type d’attachement extrême qui insuffle sa puissance destructrice au surmoi primitif.

Le surmoi maternel (en sa face persécutrice pour Julieta), logiquement premier par rapport au surmoi œdipien, (fondé sur l’intégration d’une loi symbolique) trouve là son ancrage. Ici, pas de père pour rompre les amarres, la fille est seule en face d’un autre qui incarne l’absolu, le Tout. D’où la violence dont elle est à la fois objet et partie prenante car ce lien duel, dit fusionnel, est fait de carence, de dévoration ou d’emprise sans qu’un tiers paternel ou langagier (porteur d’une loi symbolique) puisse en limiter la puissance. Là réside le trauma pour elles deux, en cette absence d’une parole signifiante.

La violence de la fille pourrait alors refléter les silences de la mère, ce qui serait une façon ratée de s’en séparer. Par ailleurs le sentiment de culpabilité qui passe de la mère à la fille, et réciproquement, est l’effet du lien fusionnel et/ou en miroir, dans une zone psychique où l’interdit vise non pas la fusion mais la séparation. C’est la loi des Mères qui prévaut dans cette zone préœdipienne désertée par la parole. D’où la difficulté à mettre des bornes au pouvoir des mères ou aux demandes des filles.

Dans ce film d’Almodovar qui s’inspire de trois nouvelles d’Alice Munro[6], la violence est partout et nulle part, rarement avouée ou dite. Ainsi, elle est dans la rupture abrupte (rejet sans explication) de Julieta avec Lorenzo, dans le geste suicidaire de l’inconnu du train, et en après coup, dans le refus de Julieta de parler avec lui. La violence est dans la mémoire brisée de la mère de Julieta comme dans le coma de la femme de Xoan. La violence s’insinue également, du moins pour Julieta, dans la sexualité de Xoan, dans ses infidélités et dans sa mort non annoncée. Et quoi de plus cruel que la disparition d’Antia, que ce silence d’une fille qui imite la mort et qui finit par être rejointe par elle ?

Le sentiment de culpabilité : effet d’un trauma

Le sentiment de culpabilité qui sous-tend certaines dépressions dites majeures émane d’une instance inconsciente que Lacan qualifie de « féroce et d’obscène », un surmoi impitoyable qui constitue le symbole d’un trauma primitif. Julieta ne cesse d’être « détruite » par le silence de sa fille unique, celle-ci incarnant ce surmoi cruel et/ou reflétant quelque chose d’absent chez sa mère. Pour survivre, Julieta s’est coupée de cette part de son histoire, elle a fait comme si sa fille n’avait jamais existé, du moins dans sa relation avec Lorenzo. Une façon de se refaire une vie à côté de sa douleur. Peine perdue, la voici à nouveau fracassée par le réel lorsqu’elle tombe par hasard sur Bea. La tragédie survenue douze ans plus tôt se rejoue là au coin d’une rue de Madrid, c’est le heurt du réel qui s’impose encore et encore et qui fait surgir l’image de sa fille devenue mère et l’espérance de son retour. Raison pour laquelle Julieta revient sur les lieux d’une perte où de nouveau solitaire elle rédige un récit à l’intention d’Antia. L’écriture est ici une modalité de la parole empêchée ou suspendue : « Ton absence remplit complètement ma vie et la détruit, » écrit-elle

Cette disparition inexpliquée – inexplicable ? — est insurmontable. Ce rejet (sa fille emprunte une voie dont elle ne fait pas partie) est ressenti comme la punition d’une faute par elle ignorée. On en mesure les ravages sur Julieta, on les devine sur Antia qui s’efface de la scène. Son départ au Centre spirituel, nous l’apprendrons, a été déclenché par une rupture d’avec Bea qu’elle a trop aimée. Une affreuse blessure qui lui rappelle non pas la mort de son père mais le délaissement de sa mère, une femme « anéantie » après la mort de Xoan. Dans cette tragédie mère/fille, le rejet est meurtrier, sans parole et donc sans cause reconnue.

Y aurait-il une incapacité à rendre compte de la violence des amours maternelles, de cette filiation-là pour la fille ? Antia s’absente de sa mère, et ce faisant se rend infiniment présente en elle. Pareillement, l’absence de la mère dans la réalité concrète d’une fille laisse toute la place à l’imaginaire, à une occupation pleine et entière de sa vie psychique. Occupation double, dirais-je pour parodier une émission de télé, puisque cette mère imaginaire est à la fois idéalisée et persécutrice.

La difficulté d’exister sans se sentir coupable

Il faut le rappeler, le surmoi tyrannique n’est pas le surmoi œdipien (conscience morale, symbole de l’interdit incestueux) : il est irrationnel, fou, insensé. Il impose un accord total entre l’enfant et le désir de l’autre maternel. Or, impossible d’arriver à cette « perfection », à cet idéal de conformité absolue à une attente – d’ailleurs informulée –dans le rapport à l’autre. Quelque chose en soi résiste à ce fantasme du Un, une sorte de refus nécessaire d’ailleurs, quoique vécu dans la culpabilité pour les filles. Surtout quand la mère se montrer trop aimante, trop souffrante … ou envahissante. Refus qui se transforme en violence faute de pouvoir l’exprimer.

Il me semble que Julieta se sent coupable sans égard à la faute, ou sans pouvoir en identifier cause première. Est-ce de la dispute qui a précédé la noyade de Xoan, est-ce de la dépression qui l’a rendue dépendante de sa fille, est-ce d’avoir abandonné sa mère et/ou sa fille, est-ce d’avoir fui l’inconnu du train ? Tous ces événements pourraient alimenter un sentiment de culpabilité préexistant, ou le justifier après coup. Julieta se sent coupable non pas de ce qu’elle a fait mais de ce qu’on lui a fait[7]. Coupable de la violence qu’elle subit, coupable d’être une victime, coupable de la souffrance de l’autre, ce qui montre bien la difficulté de reconnaître une altérité dans le rapport à sa fille. Une catastrophe invisible, silencieuse traverse sa vie. Pour expliquer cette énigme de la faute, Ferenczi propose la notion d’identification au sentiment de culpabilité (supposé) de l’agresseur (Ferenczi)[8], ce qui permet de maintenir le lien affectif avec l’être aimé, mais cela nous suffit-il ?

Il y a sans doute un défaut de paroles structurantes dans cette relation mère/fille, défaut qu’on a déjà repéré dans l’histoire de Julieta. Jeune fille, elle est accommodante, trop sans doute, et pour une rare fois où elle se montre égoïste en refusant la conversation avec un passager du train, il se tue. Le geste suicidaire déclenche une angoisse de culpabilité que la réassurance de Xoan ne peut apaiser. D’autre part, elle se jette dans les bras de ce dernier, un autre inconnu, dans ce même train, attirée par une image de force bienveillante qui pourrait bien se révéler factice. Julieta suit son mouvement pulsionnel de la même manière que le cerf magnifique[9] qui « flaire la femelle » et risque d’être happé par le train. De même, lorsque bien des années plus tard, elle confrontera Xoan à son infidélité, elle refusera d’entendre ses explications et s’en ira. Le sexuel dans ses effets troublants est exclu de la parole, sans mots pour le dire, du moins dans ce qu’il a d’illégitime subjectivement parlant.

Qu’est-ce à dire ? Que c’est là où un signifiant a manqué que la mort survient. Il me semble également que le sentiment de culpabilité de Julieta lui vient du déni du malheur qui l’a frappée et du fait qu’elle y est assujettie. Il ne s’agit pas tant de transformer « une souffrance névrotique en malheur ordinaire »[10] dans ce cas que de penser, ou affronter, la part tragique de la sexualité, de la vie et de la mort. Dès la scène d’ouverture, la mélancolie traverse le visage d’une Julieta à l’âge incertain. Une statuette masculine amputée, un autoportrait de Lucian Freud et une enveloppe bleue jetée à la poubelle en indiquent la cause secrète. Sa tranquillité qui était une sorte de joie de survivance, ses projets de départ avec son amant, son amour même ont été fracassés. Elle est frappée une fois encore, brisée, quand Bea lui tombe littéralement dessus pour lui parler de sa fille disparue depuis douze ans. Désormais, impossible de partir, son attente est à recommencer. Julieta retourne à cette absence qui la détruit, au milieu d’un naufrage dont elle n’aura pas été sauvée.

Dans ce film, Almodovar se centre sur le monde de Julieta, mais qu’en est-il d’Antia ? Ce n’est que dans la douleur absolue qui la frappe à son tour qu’elle peut s’identifier à sa mère et peut-être assumer sa violence et sa culpabilité. Antia a frappé comme la mort, elle a été le malheur de sa mère et non sa punition, mais celle-ci ne voulait pas, ou ne pouvait pas le savoir. Sa fille n’apprendra la mort de son père qu’après les funérailles et alors qu’elle-même, ravie, sans doute amoureuse, ne voulait plus quitter sa nouvelle amie. Cet éloignement n’est pas interrogé dans le film, ce qui donne à penser que la mère est aussi celle qui s’absente de la fille, ou qui ne cesse de la laisser dans une zone où l’événement n’existe pas encore, ni la souffrance.

L’absence est sans fin chez les personnages d’Almodovar. Les mères ne parlent pas, elles dépérissent, elles s’effacent, ou elles font des filles qui à leur tour feront des « fugitives ». Dans cette école de Madrid où elle enseignait la littérature grecque antique, peut-être que Julieta était déjà en fuite. Qui fuyait-elle ? Une mère que la maladie d’Alzheimer anéantissait peu à peu ? Dans le train, le désespoir s’est assis en face d’elle et elle ne l’a pas vu. Cette rencontre traumatique annonce peut-être sa propre chute, laquelle lui viendra de l’homme qu’elle a aimé dans le train (Xoan) et de l’enfant qui en naîtra. L’homme désiré serait-il la doublure annoncée, une sorte de mise en abîme du suicidé ? Et la fille qui naîtra de cet amour, son reflet terrible ?

Le film nous laisse sur une note d’espoir. Lorenzo a repris sa place auprès de Julieta, figure masculine positive, aimante, protectrice, c’est lui à la fin qui lui apportera une lettre d’Antia, puis qui la conduira vers elle. D’être un ami d’Ava, amie et maîtresse occasionnelle de Xoan, reconstitue tout de même le trio d’autrefois, Ava et Julieta liées au même homme. Alors, tout peut recommencer … Indéfiniment.

[1] Dans Alice Munro, Fugitives, Montréal, Boréal Compact, 2013.

[2]S. Freud, Sur la sexualité féminine, 2011, trad. Hélène Francoual

https://www.atramenta.net/images/work_covers/29723big.jpg?1418376010

[3] Pontos, cette figuration mâle de la haute mer.

[4] Civilisation égéenne s’étendant de 1650 à 1100 av. J.-C. (découverte par Heinrich Schliemann à Mycènes en 1876.) Minoéenne : 27700-1200 av. J.-C. en Crète.

[5] Freud, Sur la sexualité féminine, Paris, PUF, 4e Éd. 1973, p. 140.

[6] Alice Munro, Fugitives, Montréal, Boréal Compact, 2013.

[7] « Ce ne sont pas les coupables qu’il faut pardonner ; ce sont plutôt les victimes, parce que ce sont elles qui causent tous les ennuis. » Margaret Atwood, (1996) La captive, Paris, Robert Laffont, 1998, p. 475.

[8]S. Ferenczi, Confusion de langue entre les adultes et l’enfant, dans Payot, 2004.

[9] Dans une scène magnifique du film, un cerf court en longeant le train et Julieta dit à Xoan, lui-même à ses côtés, qu’il flaire la femelle.

[10] Freud dans les Études sur l’hystérie (1895).

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Texte de ma conférence à propos de mon livre « Lettres du divan »

grenier.Conférence.Quatrième groupe.22.09.2017

 

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L’absence de la mère, 2011, Québec Livres, sec. Édition 2017

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À propos de Lettres du divan, Liber, 2017

Conférences 2017-2018
PARIS, Table ronde
Vendredi 22 septembre 2017 de 20h30 à 23h
Autour de l’ouvrage collectif dirigé par L. Grenier (Montréal) : Lettres du divan – Écrire à son psychanalyste

avec L.Grenier, E.Gosse-Oudard (Membre IV Groupe), J.F.Chiantaretto, M.Fognini, L.Gareau, J.Rousseau-Dujardin, M.B. Ruel et autres co-auteurs – Modérateur P.Herlem (Membre IV Groupe)

Lieu : Association Notre Dame des Champs – 92 bis, boulevard du Montparnasse – 75014 – PARIS

Argument :

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Secrétariat Scientifique :

Evelyne GOSSE-OUDARD, 22 rue Général Leclerc, 94520 MANDRES LES ROSES – Tél : 06 85 75 41 71 – @ : evelyne.gosse-oudard@orange.fr

Pascal HERLEM, 80 avenue de France, 74000 ANNECY

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Recension : «Conversations psychanalytiques» de P. Gauthier-Lafaye

LA PSYCHANALYSE UN JEU D’ENFANTS ?

 

Cette histoire d’un « ailleurs » qui est en nous, et qui pense en nous.

 

Chaque soir pendant les vacances estivales, un grand-père psychanalyste parle de son métier avec ses deux petites-filles adolescentes. Chaque soir, Pauline et Elsa s’installent confortablement au salon ou sur la terrasse du chalet pour interroger, discuter et parfois critiquer ses « drôles d’idées ». De quoi donc est fait le quotidien d’un psychanalyste, demandent-elles ? « Qui vient te consulter ? et pourquoi ? » Quelle est cette souffrance qui ne peut être soignée que par les mots ? À la faveur de l’obscurité, elles suivent d’un pas incertain les explications de leur grand-père. Toujours vives et questionneuses, elles explorent ces régions psychiques étranges entrevues dans leurs jeux d’enfants et découvrent que le rêve, le souvenir-écran, le symptôme ou l’acte manqué ravivent une certaine mémoire de soi. Assistant à leurs délibérations, il me semble retrouver cet éblouissement premier ressenti à la lecture de Freud.

Un thème, un soir

En tout, vingt conversations, chacune dédiée à une question apparemment naïve, toujours centrale pour la compréhension de la pratique analytique.

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Recension d’un dossier sur le rêve dans le Coq Héron, 2016

RÊVER, UN SINGULIER MÉTABOLISME GESTATEUR

Le Coq-Héron, 2016, numéro 225

 

Dans « Rêver, un singulier métabolisme gestateur », Mireille Fognini propose de considérer les récits de rêves dans la cure, comme « une nourriture placentaire du psychisme qui œuvre à la métabolisation du travail analytique entre l’analyste et l’analysant. » Comment « penser » le rêve après Freud, se demande-t-elle ? Interrogeant l’espace du rêve en tant que matrice nourricière du transfert et des processus associatifs dans la cure, les auteurs de ce numéro du Coq Héron développent leurs théorisations dans ces trois directions ouvertes par Freud : les techniques d’interprétation du rêve en séance, les théories plus générales de son élaboration psychique et le recours au littéraire et à la poésie pour en découvrir les structures langagières communes.  Ils se basent en outre sur les contributions de Ferenczi, Meltzer, Bion, Kaës et de quelques autres sur la fonction intégrative de l’activité onirique pour souligner sa part créatrice.

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Georges-Arthur Goldschmidt, une mémoire désespérée

« Toi, tu n’en auras pas, tu n’es pas un Allemand. » Les mots du charbonnier claquent encore dans la mémoire de Georges-Arthur Goldschmidt. Cette scène, révélatrice, le déporte dans un ailleurs qu’il ne cesse d’interroger. Presque banale, elle lui annonce un changement dans l’ordre du monde. Il ne sera plus jamais le même. Alors âgé de neuf ans, il avait attendu derrière d’autres enfants de recevoir une carte de l’Allemagne qui lui faisait penser au jeu de l’oie. Dans le Reinbek de 1937, l’interpellation est lourde de menace. Mais si je ne suis pas un Allemand, qui suis-je ? Qu’une seule réponse possible : Juif. La scène cristallise cet instant traumatique où le cœur se met à battre dans le vide. Où les discours entendus, les écrits des affiches et des journaux prennent un sens définitif et personnel, la mort est au bout de ces mots. Le voilà destitué de sa place familière, découpé de son lieu identitaire et jeté dans l’insaisissable. Muet désormais. Car comment contredire une vérité qui l’identifie négativement ? « Juif », ce mot, Goldschmidt le suivra à la trace comme un signifiant énigmatique qui scelle son image et l’enferme dans une identité qu’il ne ressent pas comme sienne.

Dans son dernier livre Un destin, il revient sur les conséquences d’une identité imposée par l’autre, qui « illégitimise » son existence et dans ce cas, qui l’expose aux affres de ne pas s’y reconnaître. (Lire la suite dans le numéro 260 du Magazine Spirale, printemps 2017

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Lancement de « Lettres du divan »

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3e Édition de « Les violences de l’autre. Faire parler le silences de son histoire »

Description du livre

Quels sont les effets psychiques et relationnels des violences de l’autre – celles d’un proche ou d’un agresseur anonyme – sur un en­fant ou sur un adulte? Plus spécifiquement, dans la dépression trauma­tique, quels sont les rapports entre l’autodestruction et certains états de détresse affective?

Dans ce livre, la psychanalyste Louise Grenier se fait historienne de l’enfance. Puisant dans les expériences de ses patients et la fiction littéraire, elle trouve matière à comprendre ce qui entre en jeu dans toute violence infligée. Dans une situation d’impuissance, affirme-­t-elle, la survie consiste trop souvent à retourner la souffrance contre soi-même. Pourtant, l’auteure propose ici une voie nouvelle: celle d’une mise en récit qui permet de reconstruire son image, de réparer la figure blessée de l’autre et de renouer avec le désir. Cette réconciliation peut se faire grâce à la psychanalyse et à l’histoire qui s’entendent sur une chose: la nécessité de faire parler les silences du passé.

Louise Grenier est psychologue et psychanalyste en pratique privée. Elle est aussi chargée de cours au département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal. Membre de l’Ordre des psychologues du Québec, elle a rédigé de nombreux articles et participé à plusieurs ouvrages collectifs portant sur diverses problématiques féminines. Elle a également écrit Filles sans père, L’absence d’une mère et Femme d’un
seul homme.

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Parution de « Lettre du divan » Éditions Liber, 2017

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